Les gaz atmosphériques bloquent les UV <290 nm
La colonne de gaz absorbants se trouvant sur le trajet du rayonnement entrant comprend de lazote et de loxygène atomiques et moléculaires et leurs produits. Ces gaz bloquent lintégralité du rayonnement ultraviolet de courte longueur donde. Loxygène moléculaire situé dans la stratosphère (10 à 48 km) absorbe le rayonnement ultraviolet de courte longueur donde (de létat fondamental jusquà 252,4 nm ainsi que de très fortes bandes entre 50 et 100 nm et entre 140 et 175 nm) et le photodissocie. Loxygène atomique ainsi produit engendre une production dozone, lequel absorbe fortement le rayonnement de longueur donde plus importante dans les bandes de Hartley et Huggins entre 200 et 360 nm (figure 1), et possède quelques faibles bandes dabsorption supplémentaires dans le visible (bandes de Chappius entre 450 et 750 nm) et linfrarouge.
Figure 1 : Facteur de transmission de la couche dozone.Labsorption dans le fond continu de Herzberg de loxygène moléculaire qui sy trouve en abondance bloque la majeure partie du rayonnement ultraviolet jusquà environ 250 nm. La diffusion de Rayleigh provoquée par les molécules atmosphériques (figure 2) et la forte absorption de lozone de 200 à 290 nm établissent la limite du rayonnement ultraviolet terrestre aux alentours de 290 nm. Labsorption de lozone est cependant variable puisque la quantité dozone présente dans la partie supérieure de l'atmosphère dépend de manière complexe des configurations de la formation et de la circulation atmosphériques, ainsi que des substances chimiques catalytiques persistantes qui détruisent lozone.
Figure 2 : Diffusion de Rayleigh ; impact sur le facteur de transmission. La variation du niveau dozone entraîne celle de la limite dabsorption
Le niveau dozone est quantifié comme correspondant à la longueur de parcours du gaz aux conditions normales de température et de pression (CNTP), ou mesuré en unités Dobson (DU pour Dobson unit), cette unité étant égale à un centième de millimètre dozone aux CNTP. Les niveaux dozone typiques, qui varient de 2,4 mm (CNTP) ou 240 DU à léquateur, augmentent avec la latitude pour atteindre 4,5 mm au Pôle Nord. La variation saisonnière la plus élevée se situe aux pôles. Avant que lon ne fasse état du trou dans la couche dozone, on savait que le niveau dozone au Pôle Nord chutait à environ 2,6 mm (CNTP) en octobre. Lozone a déjà atteint en Antarctique des niveaux aussi faibles que 1,1 mm (CNTP), une chute imputée à la destruction chimique de lozone. Les spectres ASTM standard utilisent pour leurs calculs un niveau dozone de 3,4 mm, ce chiffre étant considéré comme la valeur moyenne probable du niveau dozone aux États-Unis.
Lozone constituant le principal absorbant du rayonnement solaire dans la région 250-300 nm, selon la forte pente représentée à la figure 3, la destruction de lozone entraîne une augmentation des niveaux dUVB. Nous évoquons dans notre section sur la photochimie et la photobiologie certaines des implications de ce phénomène. Fort ironiquement, lozone troposphérique, une substance polluante présente dans les régions fortement industrialisées ou peuplées, semble ici réduire le rayonnement UV. La figure 4 montre les modifications subies par le rayonnement ultraviolet terrestre calculé à 50° de latitude en raison de la destruction de la couche dozone. Ce chiffre est basé sur des données issues du Vol. I du Petit Manuel des UVB (UVB Hanbook) de Gerstl et al. du Laboratoire national de Los Alamos.
Figure 3 : Facteur de transmission des UV dans la couche dozone normale et détruite.
Figure 4 : Eclairement UV et destruction de lozone.