Principes de base du rayonnement solaire
Le rayonnement solaire permet la vie sur Terre et détermine le climat. Du fait du flux dénergie existant à lintérieur du Soleil, la température à la surface avoisine les 5800 K, le spectre du rayonnement solaire savère donc similaire à celui dun corps noir de 5800 K présentant une structure fine due à labsorption dans les gaz solaires périphériques froids (raies de Fraunhofer).
Constante solaire et « valeur du Soleil »
On appelle constante solaire léclairement énergétique du Soleil sur latmosphère extérieure lorsque le Soleil et la Terre se trouvent distants dune UA une UA (unité astronomique) est la distance séparant la Terre du soleil, soit 149 597 890 km. Les valeurs actuellement admises sont proches de 1360 W/m-2 (la NASA donnant dans la norme ASTM E 490-73A une valeur de 1353 ±21 W/m-2). LOrganisation Internationale de Métrologie Légale (OIML) retient la valeur de 1367 W/m-2. La constante solaire désigne léclairement intégré total sur la totalité du spectre (la région située en dessous de la courbe dans la figure 1 plus 3,7 % à des longueurs donde plus longues et plus courtes).
Léclairement qui traverse latmosphère terrestre varie chaque année denviron 6,6 % en raison de la variation de distance entre la Terre et le Soleil. Les variations de lactivité solaire provoquent des modifications de léclairement pouvant aller jusquà 1 %.
En ce qui concerne les simulateurs solaires, il convient de décrire léclairement en unités appelées « soleils ». Un « soleil » équivaut à léclairement dune constante solaire.
Figure 1 : Spectre de rayonnement à lextérieur de latmosphère terrestre comparé au spectre dun corps noir à 5800 K.Spectres extraterrestres et terrestres
Spectres extraterrestres
La figure 1 présente le spectre du rayonnement solaire à lextérieur de latmosphère terrestre. La plage présentée (200-2500 nm) contient 96,3 % de léclairement total, la majorité des 3,7 % restant se trouvant à des longueurs dondes plus élevées. De nombreuses applications ne concernent quune région bien précise du spectre dans son ensemble. Une « unité de 3 soleils » possède, dans ce cas particulier, un éclairement équivalent à trois fois léclairement solaire réel dans la gamme spectrale concernée et une correspondance spectrale raisonnable dans cette plage.
Exemple
Le modèle 91160 de simulateur solaire possède un spectre similaire au spectre extraterrestre et une sortie de 2680 W/m-2, qui équivaut à 1,96 fois 1367 W/m-2 et permet donc de dire que le simulateur est une unité de 1,96 soleil.
Spectres terrestres
Le spectre du rayonnement solaire à la surface de la Terre est constitué de différents éléments (cf. figure 2). Le rayonnement direct provient directement du Soleil, tandis que le rayonnement diffus est diffusé par le ciel et le milieu extérieur. Un autre rayonnement encore est réfléchi par le milieu extérieur (la terre ou la mer) en fonction de lalbédo local. Le rayonnement terrestre total est appelé rayonnement global. Il convient en ce qui concerne léclairement global de définir la direction de la surface cible. Pour le rayonnement direct, la surface cible fait face au faisceau entrant.
Lintégralité du rayonnement qui atteint le sol traverse latmosphère, ce qui modifie le spectre en raison des phénomènes dabsorption et de diffusion. Loxygène et lazote atomiques et moléculaires absorbent le rayonnement de très courte longueur donde, faisant effectivement obstacle au rayonnement aux longueurs donde de <190 nm. Labsorption par loxygène moléculaire contenu dans latmosphère du rayonnement ultraviolet de courte longueur dondes entraîne un phénomène de photodissociation (de loxygène) qui engendre à son tour une production dozone. Lozone absorbe fortement les ultraviolets de longueurs dondes plus élevées entre 200 et 300 nm (bande Hartley), mais absorbe peu le rayonnement visible. Lozone stratosphérique largement répandu produit par le rayonnement du Soleil correspond à une couche dozone denviron 3 mm aux CNTP. La « couche dozone fine » absorbe les UV jusquà 280 nm et détermine la forme (avec la diffusion atmosphérique) de la partie UV du spectre solaire terrestre.
La vapeur deau, le dioxyde de carbone et, dans une moindre mesure, loxygène, absorbent de manière sélective dans linfrarouge proche (comme le montre la figure 3). La diffusion de Rayleigh dépendante de la longueur donde et la diffusion par les aérosols et autres particules en suspension dans lair, dont notamment les gouttelettes deau, modifient également le spectre du rayonnement qui atteint le sol (cest à ces deux phénomènes que le ciel doit sa couleur bleue). Dans une atmosphère estivale sans nuage typique et avec un angle zénithal de 0°, les 1367 W/m-2 qui atteignent latmosphère extérieure sont réduits à un rayonnement du faisceau direct de 1050 W/m-2 environ et à un rayonnement global denviron 1120 W/m-2 sur une surface horizontale au niveau du sol.
Figure 2 : Le rayonnement global total au niveau du sol possède des composantes directes, diffuses et réflectives.
Figure 3 : Spectre solaire normalement incident au niveau de la mer par une journée claire. La courbe en pointillés montre le spectre extraterrestre.Le spectre solaire terrestre variable
Les niveaux dabsorption et de diffusion varient à mesure que se modifient les composantes de latmosphère. Les nuages constituent lexemple le plus courant de ces modifications : les nuages peuvent en effet bloquer la plupart du rayonnement direct. Les variations et tendances saisonnières de lépaisseur de la couche dozone ont un impact important sur le niveau des ultraviolets terrestres.
Le spectre au niveau du sol dépend également de la distance que le rayonnement solaire doit parcourir pour traverser latmosphère. Laltitude constitue un facteur de changement : latmosphère est, par exemple, moins épaisse dun mile (1,6 km) à Denver quà Washington, et limpact saisonnier sur langle solaire est important. Les variations les plus importantes sont cependant les variations dues à la rotation de la Terre (cf. figure 4). En tout point du globe, la longueur du parcours que doit emprunter le rayonnement pour atteindre le niveau du sol change au fur et à mesure que le jour avance. Aussi non seulement le rayonnement solaire au niveau du sol subit-il des variations dintensité évidentes au cours de la journée pour finalement atteindre zéro à la nuit tombée, mais le spectre du rayonnement varie dun jour à lautre en raison des variations intervenant dans la longueur du parcours dabsorption et de diffusion.
Lorsque le Soleil est situé à la verticale de la Terre, le rayonnement direct qui atteint le sol passe directement au travers de toute latmosphère, de lintégralité de la masse atmosphérique, à la verticale. Ce rayonnement est appelé rayonnement « Direct Masse Atmosphérique 1 » (AM1D, Air Mass 1 Direct), et nous utilisons à des fins de normalisation un site de référence situé au niveau de la mer. De la même manière, le rayonnement global lorsque le Soleil est situé à la verticale est appelé rayonnement « Global Masse atmosphérique 1 » (AM1G). Du fait quil ne traverse aucune masse atmosphérique, le spectre extraterrestre est appelé spectre de « Masse Atmosphérique 0 ».
Le parcours atmosphérique pour tout angle zénithal est simplement décrit en relation avec la masse atmosphérique à la verticale (figure 4). La longueur réelle du parcours peut correspondre à des masses atmosphériques allant de moins de 1 (sites de haute altitude) à des valeurs de masse atmosphérique très élevées juste avant le coucher du soleil. Nos simulateurs solaires Oriel utilisent des filtres pour dupliquer les spectres correspondant à des masses atmosphériques de 0 ; 1 ; 1,5 et 2, cest-à-dire les valeurs sur lesquelles se fondent la plupart des travaux dessais.
Figure 4 : La longueur du parcours dans les unités de masse atmosphérique varie en fonction de langle zénithal.Spectres standard
Le rayonnement solaire qui atteint la surface de la Terre varie considérablement avec lemplacement géographique, les conditions atmosphériques (y compris la couverture nuageuse), le contenu en aérosols de latmosphère, la situation de la couche dozone, lheure de la journée, la distance entre le Soleil et la Terre, la rotation et lactivité solaires. Les spectres solaires dépendent de variables si nombreuses que des spectres standard ont été établis afin de fournir une base à lévaluation théorique des effets du rayonnement solaire et à la conception des simulateurs. Ces spectres standard ont pour point de départ une version simplifiée (cest-à-dire de plus faible résolution) des spectres extraterrestres mesurés et utilisent des modèles perfectionnés afin de calculer les spectres terrestres en fonction de chaque effet atmosphérique.
Les spectres standard les plus fréquemment utilisés sont ceux publiés par la Commission Internationale dEclairage (CIE), lautorité mondiale en matière de nomenclature et de normes radiométriques et photométriques. LASTM (American Society for Testing and Materials) publie pour sa part trois spectres différents : AM 0, AM 1 et AM 1,5 Direct, et AM 1,5 Global pour une surface inclinée à 37,5°. Les conditions du spectre AM 1,5 ont été choisies par lASTM « en raison de leur caractère représentatif des conditions moyennes dans les 48 états contigus des États-Unis ». La Fig. 5 présente les différences typiques existant entre les spectres direct et global standard. Ces courbes sont issues des données comprises dans les normes ASTM E 891 et E 892 pour un rayonnement de AM 1,5, un coefficient de trouble de 0,27, une inclinaison de 37° face au Soleil et un albédo de 0,2.
Figure 5 : Spectres standard pour un rayonnement de AM 1,5. Le spectre direct provient de la norme ASTM E 891 et le spectre global de la norme ASTM E 892.Tableau 1 : Densités de puissance des normes publiées
| Conditions solaires |
Norme |
Densité de puissance (W/m-2) |
| Total |
250 - 2500 nm |
250 - 1100 nm |
|
Spectre WMO (organisation internationale de métrologie légale, OIML) |
1367 |
|
|
| AM 0 |
ASTM E 490 |
1353 |
1302,6 |
1006,9 |
| AM 1 |
Publication de la CIE n°85, tableau 2 |
|
969,7 |
779,4 |
| AM 1,5 D |
ASTM E 891 |
768,3 |
756,5 |
584,7 |
| AM 1,5 G |
ASTM E 892 |
963,8 |
951,5 |
768,6 |
| AM 1,5 G |
CEI/IEC* 904-3 |
1 000 |
987,2 |
797,5 |
Intégration par méthode des trapèzes modifiée.
CEI = Commission Electrotechnique Internationale.
IEC = International Electrotechnical Commission.
Lallure dun spectre dépend de la résolution de la mesure effectuée et de la présentation. La figure 6 montre de quelle manière apparaît la structure spectrale sur un fond continu pour deux résolutions différentes. Elle montre également que le spectre ayant la résolution la plus élevée a été lissé au moyen de lalgorithme de lissage de Savitsky-Golay. Le spectre solaire contient de fins détails dabsorption qui napparaissent pas dans nos spectres. La figure 7 montre un détail de la partie UV du spectre extraterrestre de lOrganisation Internationale de Métrologie Légale (OIML), ainsi quune partie du spectre du rayonnement AM 1 de la CEI. Le spectre modélisé ne montre aucun des détails du spectre de lOIML, fondé sur des données choisies issues de nombreuses mesures extrêmement minutieuses.
Les spectres que nous présentons pour nos produits, ainsi que la plupart des données de référence disponibles, sont établis sur la base de mesures réalisées avec des instruments possédant des résolutions spectrales de 1 nm ou plus. La structure fine du spectre solaire ne revêt dimportance pour aucune des applications que nous connaissons ; la plupart des systèmes biologiques et matériels possèdent de larges spectres dabsorption du rayonnement. La présentation spectrale est plus importante pour les simulateurs qui émettent des spectres possédant une forte composante linéaire. La faible résolution ou les représentations logarithmiques de ces spectres masquent la structure linéaire, faisant apparaître le spectre plus proche du spectre solaire quil ne lest en réalité. La mesure large bande de la sortie UV donne un chiffre unique correspondant à léclairement ultraviolet total. Cette caractéristique peut impliquer une plus grande proximité du soleil. Leffet de léclairement avec ces simulateurs dépend de lapplication, mais le résultat savère souvent significativement différent de celui produit par le rayonnement solaire, même si le niveau total au sein dune gamme de longueurs dondes spécifiée (par exemple UVA, 320-400 nm) est similaire.
Figure 6 : Haut : balayage réel dun simulateur à une résolution inférieure à 2 nm ; la haute résolution naméliore pas ces raies spectrales dégradées par l'élargissement Doppler. Milieu : balayage du même simulateur à une résolution de 10 nm. Bas : version lissée de la courbe du haut. Nous avons utilisé lalgorithme de lissage répété de Savitsky-Golay.
Figure 7 : Comparaison de la partie UV du spectre solaire mesuré par lOIML et du spectre direct AM 1 modélisé de la CIE. Tous les spectres modélisés, quils proviennent de la CIE ou de lASTM, utilisés au titre de normes, omettent les détails fins observés dans le spectre mesuré.Géométrie du rayonnement solaire
Le Soleil est une source sphérique denviron 1,39 million de km de diamètre, situé à une distance moyenne (1 unité astronomique) denviron 149,6 millions de km de la Terre. La partie directe du rayonnement solaire est collimatée avec un angle denviron 0,53° (angle plein), tandis que la partie diffuse provient des réflexions et de la diffusion par le ciel hémisphérique et par le sol. Le rayonnement « global », somme des composantes directe et diffuse, est essentiellement uniforme. En raison de la forte distribution vers lavant de la diffusion des aérosols, la forte charge en aérosols de latmosphère entraîne lapparition dun rayonnement diffus considérable semblant provenir dun mince anneau lumineux entourant le disque solaire, lauréole solaire. Ce rayonnement, ajouté au faisceau direct, est appelé rayonnement circumsolaire.
Figure 8 : Le disque solaire sous-tend un angle de 1/2° au centre de la Terre.Variation diurne et annuelle
Les figures 9 et 10 montrent les variations diurnes typiques du flux radiatif solaire global. La demi-largeur réelle et la position maximale de la courbe dépendent de la latitude et de la saison. La figure 9 présente une atmosphère sans nuage. La figure 10 montre limpact des nuages. Enfin, la figure 11 présente léclairement solaire global au soleil de midi mesuré dans lArizona, montrant la variation annuelle.
Figure 9 : Variations diurnes du flux radiatif solaire global un jour ensoleillé.
Figure 10 : Variations diurnes du flux radiatif solaire global un jour nuageux.
Figure 11 : Eclairement solaire global au soleil de midi mesuré dans lArizona, montrant la variation annuelle.Avantages des simulateurs sortie prévisible, stable
Lexposition extérieure constitue lultime essai de la résistance aux conditions atmosphériques de tout matériau ou produit. Les simulateurs solaires présentent des avantages en raison du caractère imprévisible de la variation et de la disponibilité limitée du rayonnement solaire. Avec un simulateur, il est possible deffectuer des essais au moment voulu et de les poursuivre 24h/24, ainsi que de contrôler lhumidité et dautres aspects de lenvironnement local. Il est également possible de reproduire le même essai au sein du laboratoire ou sur tout autre site, et de rapporter lexposition aux niveaux de rayonnement solaire reconnus internationalement. En ce qui concerne léclairement énergétique solaire direct, il est possible de concentrer le faisceau de manière à accélérer la réalisation de lessai.