Optique géométrique |
Avant daborder les lentilles et leurs applications optiques, nous allons décrire les principes définissant le trajet des rayons. Les rayons lumineux de la figure 1 montrent la formation dune image par une lentille mince idéale. Un objet de hauteur y1 se trouve à une distance s1 dune lentille mince idéale de distance focale f. La lentille produit une image de hauteur y2 à une distance s2 de lautre côté de la lentille. |
Par lentille mince idéale, on entend une lentille dont lépaisseur est négligeable par rapport à sa distance focale. Dans ce cas, on peut considérer que la déviation du faisceau traversant la lentille est instantanée au plan milieu de la lentille, comme sur la figure. Dans les applications décrites ici, nous supposerons que les lentilles sont minces et idéales. Cette approximation est suffisante pour cette introduction, qui nabordera pas les aberrations et les effets des lentilles épaisses.
La figure 1 montre trois rayons. Deux quelconques de ces rayons suffisent à déterminer complètement la taille et la position de limage. Le premier rayon part de lobjet parallèlement à laxe optique de la lentille. La lentille le réfracte et lui fait croiser laxe optique à une distance f derrière la lentille. Le deuxième rayon croise laxe optique à une distance f devant la lentille. Il est ensuite réfracté parallèlement à laxe optique derrière la lentille. Le troisième rayon passe par le centre de la lentille. Comme les surfaces de la lentille sont normales à laxe optique et que la lentille est mince, la déviation de ce rayon est négligeable.
Nous travaillons ici avec lhypothèse des lentilles minces et idéales, mais aussi avec lapproximation paraxiale. Cest-à-dire que les angles sont petits et que leur mesure θ peut remplacer sin θ. |
Grandissement |
Utilisons les règles élémentaires de géométrie pour évaluer le grandissement dune lentille. Sur la figure 2, certains segments de la figure précédente sont mis en évidence. Le rayon passant par le centre de la lentille et laxe optique forment un angle f. Les angles opposés de deux lignes sécantes étant égaux, nous avons deux triangles semblables. Les rapports des côtés sont donc égaux
f= y1/s1 = y2/s2
Ce qui donne
y2/y1 = s2/s1 = M.
M est le grandissement de lobjet par la lentille. Le grandissement est le rapport de la taille de limage sur la taille de lobjet, mais cest aussi le rapport de la distance de limage sur la distance de lobjet. |
Figure 2
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Ceci établit une limite fondamentale à la géométrie dun système optique. Si un système optique dune taille donnée doit produire un grandissement donné, alors la lentille na quune position possible. En contrepartie, il est inutile de mesurer lobjet et limage pour connaître le grandissement, puisque quil est déterminé par la géométrie du système optique lui-même. |
Relation de conjugaison des lentilles minces |
Revenons maintenant à la figure et observons à nouveau les segments. Sur la figure 3, nous voyons laxe optique et le rayon qui le coupe au foyer objet. Les triangles semblables ayant le même sommet et le même angle h nous permettent décrire y2/f = y1/(s1-f).
Ce qui donne, avec la définition du grandissement
y2/y1 = s2/s1 = f/(s1-f)
Ce qui donne finalement
1/f = 1/s1 + 1/s2.
Cette formule est la relation de conjugaison des lentilles minces. Elle fournit la relation fondamentale entre la distance focale de la lentille et la taille du système optique. La spécification du grandissement voulu et la relation de conjugaison forment un système de deux équations à trois inconnues : f, s1, et s2. Lajout dune troisième condition permet de résoudre ce système.
La troisième condition est souvent la distance focale f de la lentille, ou encore la distance de lobjet à limage, s1 + s2, qui résulte des contraintes de taille du système optique. Dans les deux cas, les trois variables sont alors entièrement déterminées. |
Figure 3
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Invariant de Lagrange-Helmholtz |
Nous pouvons maintenant regarder ce que devient un rayon quelconque passant dans le système optique, comme sur la figure 4. Sur cette figure, nous avons choisi de représenter le rayon maximal, cest-à-dire le rayon qui fait un angle maximal avec laxe optique en quittant lobjet, et qui passe par la lentille à la limite de louverture utile. Ce choix permet évidemment de bien visualiser ce qui se passe dans le système, mais ce rayon maximal est aussi celui qui a le plus dimportance lors de la conception dune application. Indépendamment du choix qui a été fait pour cette figure, le raisonnement qui suit est valable pour nimporte quel rayon. |
Figure 4
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Ce rayon quelconque traverse la lentille à une distance x de laxe optique. A laide de la géométrie élémentaire et de la définition du grandissement, nous avons
θ1 = x/s1 et θ2 = x/s2 = (x/s1)(y1/y2).
Ce qui donne
y2θ2 = y1θ1.
Cette formule est une loi fondamentale de loptique. Dans tout système optique ne comportant que des lentilles, le produit de la taille de limage et de langle est constant, cest une constante du système. On lappelle linvariant de Lagrange-Helmholtz. Ce résultat est valable quel que soit le nombre de lentilles, comme nous pourrions le vérifier en traçant des rayons qui traversent plusieurs lentilles.
Ce résultat est valable dans le cadre de lapproximation paraxiale, et ce raisonnement suppose que les lentilles sont parfaites et sans aberration. Si les aberrations sont prises en compte, il faut remplacer le signe égal par le signe supérieur ou égal dans la formule de linvariant. Cela signifie que le produit taille x angle peut augmenter à cause des aberrations, mais que rien ne peut le faire diminuer. |